Pachamamaï, cosmétique vrac : naissance et sourcing

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Connaissez-vous le quechua ? C’est une langue parlée par dix millions de personnes en Amérique du Sud, et notamment au Pérou. Petite leçon rapide avec ce mot : Pachamama. Pacha, c’est la Terre, le monde, l’univers. Rien que ça ! Et Mama, c’est la mère. La Terre-Mère, donc. 🌎 Et en quechua, quand on ajoute un i à la fin du mot, c’est l’article possessif, l’idée de l’appartenance à un environnement.

Allez, petit challenge : si je veux dire “Ma Terre-Mère” en quechua… cela donne… Pachamamaï ! Cela vous dit quelque chose ? Oui, vous avez sûrement déjà croisé les shampoings solides Pachamamaï sur les étals de votre épicerie bio ou vrac. Outre le shampoing, Pachamamaï propose une large gamme de cosmétiques naturels sans emballage, le plus souvent en version solide. On en parle aujourd’hui ! 

L’histoire de Pachamamaï

NAISSANCE(S)

À l’origine du projet, il y a Ludvina Sanchez. Ludvina est franco-péruvienne, elle a un lien très fort avec les plantes, peut-être grâce à ses ancêtres… Elle a beaucoup voyagé dans le monde entier, notamment parce qu’elle travaille depuis toujours dans le domaine de la gestion des équilibres hommes-environnement. 

Plusieurs naissances dans son entourage proche la conduisent à s’interroger sur les cosmétiques : que met-on sur notre peau et sur celle de ces bébés à la peau si fragile ? Quel est l’impact de ces produits sur l’environnement ? En amont d’abord, en termes d’exploitation des ressources ? En aval ensuite,  avec l’impact de la production, les déchets générés ? 

Alors Ludvina décide de créer Pachamamaï. Ce nom lui vient comme une évidence… Pour elle, cela signifie faire référence à la déesse nourricière, qui apporte de quoi vivre à tous les êtres vivants (humains, animaux, plantes), mais qui attend un retour. Ce retour, pour Ludvina, c’est tout le questionnement sur le produit qu’elle va créer : 

  • choisir des ingrédients avec un impact environnemental qui soit réfléchi, mesuré
  • avoir une réflexion sur le commerce équitable et organiser une collaboration vertueuse avec les communautés productrices
  • clarifier son positionnement dans l’économie sociale
  • œuvrer pour le zéro déchet en limitant les emballages...
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CRÉATION

En 2012, Ludvina s’entoure de Florence et Denis pour commencer le travail, la réflexion, les démarches, le design et la stratégie de la marque, la création des premiers produits, et même la vente sur les marchés. Deux personnes encore les rejoignent et la société Nahé Cosmétiques est créée en 2015, sous forme de SCOP : Société coopérative et participative. L’envie, c’est une gestion qui respecte certaines valeurs, mais aussi qui soit collaborative, où les salariés soient impliqués, intégrés à l’entreprise et puissent avoir un retour sur le travail effectué. 

 

Il y a donc une vision à 360° dans cette société qui naît, autour du développement durable, qui se loge dans divers sujets : 

  • réflexions et travail sur la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises)
  • gestion des déchets (en interne et en externe)
  • optimisation continue des packaging pour tendre vers l’objectif zéro déchet
  • intégration des salariés (objectif affiché : que tous les salariés soient heureux chez Pachamamaï, tout simplement !)
  • développement de partenariats avec d’autres entreprises, financement de projets
  • sourcing en constante évolution

 

Aujourd’hui, Nahé Cosmétiques, ce sont 7 associés et 33 collaborateurs ! Preuve s’il en fallait que ces produits à forte valeur ajoutée rencontrent leur public : on sent bien que les crises que nous traversons encouragent beaucoup d’entre nous à préférer des produits respectueux de l’environnement. Les sociétés qui tendent vers des consommations vertes ou responsables, et pas seulement dans le domaine de la cosmétique, semblent donc être des sociétés d’avenir, et ça nous réjouit ! 🤩

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Les matières premières

Chez Pachamamaï, on accorde une importance toute particulière au sourcing, au choix des matières premières. Selon des critères de qualité bien sûr, mais aussi de préservation de la biodiversité et de respect des communautés productrices. 

C’est donc un travail continu, mené par Eric, associé fondateur qui travaille également dans le domaine du développement. Au quotidien, il cherche donc à travers le monde les produits idéaux pour la formulation des cosmétiques naturels. 

 

L’APPROVISIONNEMENT

Au début de l’aventure, Pachamamaï travaillait avec des communautés productrices, en contact direct. Mais les réglementations étant ce qu’elles sont, il a fallu avoir des certifications. Sauf que - le saviez-vous ? - le prix d’une certification bio est de l’ordre de 4000 € pour un produit ! Certification qu’il faut renouveler annuellement, entre 2000 et 3000 €. Ces petites communautés n’ont la plupart du temps pas les moyens de faire cette démarche, ni d’ailleurs de prendre en charge tout le travail autour de la transformation ou de l’export. 

Pachamamaï s’est donc vu obligée de se tourner vers des fournisseurs français ou européens, qui s’approvisionnent en plus grande quantité et qui sont mieux normés. 

Pour autant, l’équipe n’a pas abandonné les petites communautés ! Pachamamaï continue de les accompagner par l'intermédiaire de Man&Nature, un programme de l'association Noé  (une ONG qui travaille sur la protection de la biodiversité). Le but ? Permettre aux communautés de continuer à prélever de manière durable des produits dans la forêt, y compris dans des aires protégées, et les aider à monter de petites unités de transformation. 

Parmi les actions engagées,  la création d’une entreprise féminine de production d’huile de coco biologique et équitable au Ghana. Pour en savoir plus sur ce projet, nous vous invitons à lire cet article du blog de Pachamamaï. 

 

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L’ENJEU BIO / ÉQUITABLE

 Pour Pachamamaï, biologique ne suffit pas ! Beaucoup de produits viennent de pays en développement, et il est donc essentiel que bio aille avec équitable. Cela peut sembler évident à certains d’entre nous, pourtant il est encore très difficile de trouver des matières premières qui aient la double certification. Certains produits  sont certifiés biologiques mais pas équitables, et inversement. 

Il y a même des ingrédients naturels qu’on n’arrive tout simplement pas à trouver en bio. Par exemple, prenez des dattiers sauvages. Les dattes sont ramassées puis transformées mais les producteurs ne peuvent pas supporter le coût de la certification. 

C’est tout l’enjeu du travail de sourcing ! Chez Pachamamaï, on a décidé de prendre le temps de faire cette recherche, et de faire évoluer les fournisseurs : chaque année, le pourcentage de matières premières certifiées bio ET équitable augmente dans les cosmétiques Pachamamaï, même si parfois cela représente un coût un peu plus élevé. 

L’accent est mis d’abord sur les produits qui sont utilisés en grande quantité dans les formulations : l’huile végétale de coco, le beurre de karité, le cacao… Cela viendra juste après pour les produits utilisés en moindre quantité, tels que les huiles essentielles. 

Aujourd’hui, Pachamamaï utilise 95 ingrédients d’origine naturelle dans ses formulations. Dix ont la double certification, une quarantaine sont certifiés bio uniquement. Pour les autres, il est quasiment impossible de les trouver avec une certification. Mais Eric n’a pas dit son dernier mot, et il continue à travailler pour trouver des produits certifiés biologiques, a minima. 

Pour en savoir plus sur le sourcing chez Pachamamaï, nous vous encourageons à lire cet article.

 

Pachamamaï, déjà labellisée Slow Cosmetique, et “Cruelty free & Vegan” par l’association PETA est actuellement à l’ouvrage pour une prochaine certification COSMOS - Cosmebio

 

Noix de coco

Vous en savez déjà plus sur cette belle aventure qu’est Pachamamaï. Retrouvons-nous prochainement pour parler des produits, de leur création à leur fabrication, des projets et du lien qui unit Pachamamaï et WeBulk. 

 

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